Baromètre bancaire 2025

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Gestion de fortune

En 2024, les actifs sous gestion dans les banques en Suisse se sont établis à CHF 9 284,0 milliards, en hausse de 10,6 % par rapport à 2023. Cette progression reflète l’intérêt accru pour les obligations ainsi que le redres­sement des marchés d’actions. Le niveau record de 2021 a été dépassé.

Les actifs sous gestion de la clientèle suisse et de la clientèle domiciliée à l’étranger ont augmenté de respectivement CHF 461,6 milliards et CHF 430,7 milliards en 2024. Il en est résulté une solide progression des actifs sous gestion dans les banques en Suisse, à +10,6 %. Comme en 2023, cette évolution a été impulsée principalement par les portefeuilles de titres, qui ont augmenté de 11,2 % – sans doute pour l’essentiel en raison de l’évolution du marché. Leur total a ainsi dépassé le niveau de l’année 2021, qui avait été suivie d’une période de fort recul. Les portefeuilles de titres constituaient de loin la majeure partie des actifs sous gestion en 2024, à environ 86 %. Les postes moins volumineux, comme les dépôts fiduciaires et les engagements envers la clientèle hors dépôts à vue, ont suivi la même trajectoire haussière (respectivement +5,4 % et +7,8 %). La structure des portefeuilles en dépôt par monnaies n’a que peu évolué en 2024 par rapport à 2023. Le franc suisse est resté la principale monnaie de placement, avec une part de plus de 50 %. Depuis 2014, les actifs sous gestion avaient globa­lement progressé, avant que cette évolution ne s’inverse en 2022. Mais un rebond a permis de compenser la moitié du recul dès 2023, puis plus de la moitié restante en 2024. Les actifs sous gestion ont ainsi battu leur record précédent.

EVOLUTIONS EN 2025

Niveau toujours élevé des actifs sous gestion au premier semestre 2025

En savoir plus sur les évolutions 2025

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Evolutions en 2024

Actifs sous gestion en Suisse et à l’étranger


Portefeuilles de titres


Structure des portefeuilles en dépôt par monnaies


Actifs sous gestion en Suisse et à l’étranger

En 2024, les actifs sous gestion dans les banques en Suisse ont atteint un pic historique, à CHF 9 284,0 milliards (+10,6 %). Cette hausse concerne tant les actifs de la clientèle suisse que ceux de la clientèle étrangère. Elle provient pour plus de 90 % de l’aug­mentation des portefeuilles de titres détenus en dépôt pour le compte de client·e·s.

Les actifs sous gestion se composent des portefeuilles de titres détenus en dépôt pour le compte de client·e·s (CHF 8 000,2 milliards), des engagements envers la clientèle hors dépôts à vue (CHF 1 048,2 milliards) ainsi que des enga­gements fiduciaires (CHF 235,7 milliards). En 2024, les portefeuilles de titres ont augmenté de quelque CHF 804,8 milliards par rapport à 2023, en raison princi­palement du regain d’intérêt pour les obligations et du redressement des marchés boursiers. Comme l’année précédente, le SMI a gagné environ 4 %, alors qu’il avait chuté de 17 % en 2022. Les engage­ments envers la clientèle hors dépôts à vue et les engage­ments fiduciaires se sont également inscrits en hausse (respec­­ti­vement +7,8 % et +5,4%), mais dans une mesure nettement moindre qu’en 2023.

Les portefeuilles de titres constituaient de loin la majeure partie des actifs sous gestion en 2024, à environ 86 %, et ils ont été aussi le principal moteur de leur croissance.

Evolution des actifs sous gestion au fil du temps

Considérés sur une longue période, les actifs sous gestion dans les banques en Suisse ont enregistré une solide pro­gression. Certes, après la crise financière et économique de 2008, ils se sont fortement contractés et les portefeuilles de titres détenus en dépôt pour le compte de client·e·s, en particulier, ont subi de lourdes pertes en raison de la chute des cours de Bourse. Mais à partir de 2014, où ils s’établis­saient à CHF 6 655,7 milliards, les actifs sous gestion ont progressivement repris des couleurs pour atteindre CHF 8 833,2 milliards en 2021, avant d’être ramenés brutalement à CHF 7 846,8 milliards en 2022 sous l’effet d’une évolution boursière défavorable. L’intérêt accru pour les obligations dû à la hausse des taux d’intérêt, conjugué à la reprise boursière, leur a permis de regagner la moitié du terrain perdu dès 2023. Cette tendance s’est poursuivie en 2024, de sorte que les actifs sous gestion ont atteint un pic historique, à CHF 9 284,0 milliards. Par ailleurs, sur les dix dernières années, on observe un déclin de la part de la clientèle étrangère dans les actifs sous gestion. Entre 2014 et 2024, celle-ci est passée de 51,1 % à 45,5 %. Il y a à cela plusieurs facteurs explicatifs, dont en particulier l’effet monétaire. La clientèle étrangère détient une part d’actifs libellés en euros et en dollars américains nettement plus importante que celle de la clientèle suisse. Or les parts dans les actifs sous gestion sont calculées en francs suisses, de sorte que si le franc suisse s’apprécie, la part de la clientèle étrangère baisse par rapport à celle de la clientèle suisse. Malgré ce déclin relatif, en chiffres absolus, les actifs sous gestion de la clientèle étrangère ont augmenté de CHF 824,4 milliards (+24,2 %) entre 2014 et 2024. En 2024, la Suisse a conservé sa place de numéro un mondial en matière de gestion de fortune transfrontalière pour le compte de la clientèle privée. Les portefeuilles se sont inscrits en hausse de 10,0 % par rapport à l’année précédente, à CHF 2 427,0 milliards (hors effets de change).

Graphique 19

Graphique 20

Portefeuilles de titres

Graphique 21

Les portefeuilles de titres constituent la majeure partie des actifs sous gestion. Malgré la politique monétaire toujours restrictive de la banque centrale américaine et en dépit des incertitudes géopoli­tiques, on a assisté en 2024 à une forte hausse des cours de Bourse. Les investisseuses et les inves­tisseurs en ont profité pour étoffer leurs portefeuilles d’obligations comme leurs portefeuilles d’actions, d’où une augmentation de 11,2 % des portefeuilles de titres.

Les portefeuilles de titres détenus en dépôt pour le compte de client·e·s se subdivisent en quatre catégories: «Actions», «Parts de placements collectifs», «Obligations» et «Autres». S’ils ont augmenté en 2024, c’est avant tout grâce à l’évolution favorable des marchés de valeurs mobilières. Le SMI a gagné 431 points (+4,0 %) – et ce n’est rien par rapport aux indices technologiques: le NASDAQ 100, par exemple, a affiché une hausse remarquable de 28,1 %. Cette évolution favorable s’est inscrite dans un contexte mondial de taux d’intérêt nettement orientés à la baisse et d’accélération rapide du recours aux innovations technologiques, en particulier dans le domaine de l’intelligence artificielle. Les incertitudes géopolitiques, quoique toujours prégnantes en 2024, ne se sont pas accentuées au point de peser fortement sur les perspectives de rendement des entreprises.

Logiquement, la hausse des cours de Bourse a eu des effets sensibles sur les portefeuilles de type «Actions», qui ont augmenté de 9 % en 2024 pour s’établir à CHF 3 026,9 milliards. Ils sont toutefois restés loin de leur niveau record de 2021 (CHF 3 375,7 milliards). Les portefeuilles de type «Obligations» ont été légèrement plus dynamiques et ont atteint CHF 1 464,9 milliards, soit une augmen­tation de CHF 133,6 milliards (+10,0 %) par rapport à 2023. Quant aux portefeuilles de type «Parts de placements collectifs», ils ont enregistré la plus forte hausse (+14,5 %, soit +CHF 386,3 milliards) et se sont établis à CHF 3 058,7 milliards. Ils sont à l’origine de quasiment la moitié (48,0 %) de l’augmentation totale des porte­feuilles de titres en 2024 et ont atteint un niveau inégalé depuis au moins dix ans. Face aux incertitudes croissantes, les formes de placement comme les fonds d’investissement ont connu un regain de popularité. Elles sont en effet plus attrayantes que les actions en raison de la faiblesse des taux d’intérêt, tout en permettant une diversification des portefeuilles.

Si l’on considère la dernière décennie, il apparaît que les portefeuilles de type «Actions» ont joué un rôle moteur dans l’évolution des portefeuilles de titres. Entre 2014 et 2024, ils ont augmenté de 34,1 %, contre seulement 11,5 % pour les portefeuilles de type «Obligations». Mais en 2024, les parts de placements collectifs ont enregistré une année record et supplanté les actions pour devenir la composante majeure des portefeuilles de titres, à 38,2 %.

Dans le courant de l’année 2024, le franc suisse a baissé tant par rapport à l’euro (–1,2 %) que par rapport au dollar américain (–7,2 %). Sans doute cette évolution est-elle due au fait que la BNS a précédé d’autres banques centrales dans l’assouplissement de sa politique monétaire.

Structure des portefeuilles en dépôt par monnaies

La part du franc suisse dans les portefeuilles en dépôt a décliné au profit du dollar américain, tandis que les parts de l’euro et des autres monnaies sont restées stables en 2024. A la fin de l’année, un peu plus de la moitié des portefeuilles en dépôt étaient libellés en francs suisses. Un petit tiers d’entre eux étaient libellés en dollars américains, tandis que l’euro et les autres monnaies se partageaient la part restante, soit un peu moins de 20 %.

En 2024, la part du franc suisse dans les portefeuilles de titres détenus en dépôt pour le compte de client·e·s a baissé d’environ 2,6 points de pourcentage pour s’établir à 50,8 %. Le franc suisse est donc resté la principale monnaie de placement. La part du dollar américain a augmenté pour atteindre 29,9 %. Quant aux autres monnaies, leurs parts respectives n’ont que faiblement varié: par rapport à 2023, celle de l’euro s’est réduite de 0,5 point de pourcentage, celle des autres monnaies de 0,1 point de pourcentage seulement. Si environ deux tiers des titulaires de dépôts libellés en francs suisses étaient suisses en 2024, la situation était inversée pour le dollar américain et l’euro: environ deux tiers des titulaires de dépôts libellés dans ces monnaies étaient étrangers.

Graphique 22

Niveau toujours élevé des actifs sous gestion au premier semestre 2025

Si les actifs sous gestion dans les banques en Suisse ont baissé de 0,6 % sur les premiers mois de l’année 2025, ils n’en sont pas moins restés proches du niveau record de 2024. Leur léger recul s’explique principalement par la baisse des engage­ments envers la clientèle hors dépôts à vue ainsi que des engagements fiduciaires.

Les actifs sous gestion sont restés à un niveau record (CHF 9 240 milliards) sur les premiers mois de l’année 2025, malgré un léger recul (–0,6 %). Celui-ci résulte principalement du fait que les avoirs de la clientèle suisse n’ont que très faiblement évolué (+0,1 %), alors que ceux de la clientèle domiciliée à l’étranger ont baissé (–1,5 %).

La tendance légèrement négative concernant les actifs sous gestion s’explique par l’évolution baissière des engagements envers la clientèle hors dépôts à vue d’une part et des engagements fiduciaires d’autre part – qu’ils s’agisse de clientes et de clients suisses ou domiciliés à l’étranger. Sur les premiers mois de l’année, ces deux postes ont reculé de respectivement 4,9 % (–CHF 52 milliards) et 7,7 % (–CHF 18 milliards).

En parallèle, les portefeuilles de titres détenus en dépôt pour le compte de client·e·s ont augmenté de 0,2 % à CHF 8 000 milliards, d’où la variation globalement faible des actifs sous gestion. On note toutefois des trajectoires inverses selon la provenance des clientes et des clients: les portefeuilles de la clientèle suisse ont augmenté de 1,0 % pour s’établir à CHF 4 312 milliards, tandis que ceux de la clientèle domiciliée à l’étranger ont baissé de 0,8 % pour s’établir à CHF 3 688 milliards. Une des raisons principales de cette baisse est que les titres détenus par la clientèle domiciliée à l’étranger sont libellés le plus souvent en monnaies étrangères, notamment en dollars américains – or le billet vert s’est fortement déprécié par rapport au franc suisse au premier semestre 2025. Le niveau toujours très élevé des actifs sous gestion dans les banques en Suisse témoigne de la robustesse de la place bancaire, de son rôle de refuge en période d’instabilité politique, ainsi que de la confiance intacte dont elle bénéficie de la part de sa clientèle nationale et étrangère.